
dneis Je ne parle pas de littérature écrite au 17 ème siècle, mais d'un objet datant du 17 ème siècle et vendu aux enchères au 21ème , avec mention Buis de Hollande. C'est pas tout à fait pareil

Nicoel C'est bien comme ça que sèche le mien, avec son écorce et les petites branches et feuilles toujours en place. Et dans son sens de pousse! T'en donner la raison, j'aurais envie de dire "c'est logique", mais c'est pas très scientifique comme réponse, n'hésite pas à m'en dire plus.

dneis Parfaitement d'accord. Mais mon interrogation sur ce buis de Hollande vient du fait qu'il existe aussi en pépinière et indiqué comme tel. Genre espèce certes mais des sous espèces existent peut être. Les variétés de Buxus semblent bien plus nombreuses à travers le monde que seul le Sempervirens. Sachant qu'un même arbre en substrat calcaire ou siliceux n'aura ni le même aspect ni les mêmes caractéristiques, ça pourrait très bien expliquer que d'un pays à l'autre les densités et duretés puissent varier, comme elles varient des racines aux branches.
Je travaille beaucoup avec des luthiers, je pourrais faire l'analogie avec l'ébène, il en existe autant que de pays exotiques, avec chacun ses caractéristiques.
Savoir comment un expert a pu donner ce nom à ce buis est une chose, et je n'en sais rien, si je le savais je n'aurai pas posé ma question initiale.
Alors comme en tournage, je creuse!!!

etiennedesthuilliers Bonjour. Bah ça ce n'est pas vraiment la question que je me pose en premier lieu. La pièce venait peut être de Hollande et si une variété de buis en Hollande existe qui soit différente du sempervirens de chez nous, ça pourrait très bien être parfaitement plausible.
Comme je l'ai dit à dneis, je n'ai pas vu une seule mention de ce Dutch boxwood dans mes recherches, mais bien plusieurs, françaises et anglo saxonnes... dont des arbustes vendus sous cette appellation en pépinière.
C'est donc bien légitime de se poser la question.
Pour revenir sur votre affirmation que la dureté d'un bois est du pipeau journalistique, bah, je ne suis pas d'accord, vous devez connaître la dureté Monnin qui n'était pas un journaliste. Mon passé dans l'ingénierie aéronautique m'a aussi appris les façons de tester la dureté d'un matériau, certes les métaux et composites sont plus homogènes que le bois, ça n'empêche que la dureté d'un bois se mesure, à prendre avec des pincettes car elle varie d'un échantillon à l'autre, mais pas à classer dans les données pipeau, car si c'est le cas, je dirai à mon prochain client qu'un escalier en peuplier ou en frêne, il n'y a pas de différence à l'usure.
Merci néanmoins pour votre temps.
Afin de vous expliquer pourquoi je m'intéresse tant à cette histoire de densité du buis, je fabrique des accessoires pour guitaristes, en buis et quelques autres essences européennes, et qui sont en frottement permanent avec les cordes en métal de leurs instruments. Dans la mesure où j'essaie de satisfaire ma clientèle au maximum, et bien je cherche les variétés de bois européens les plus adaptées pour garantir une longévité maximale à ma camelote. Et croyez moi, les usages ancestraux du buis en tant que pièces mécaniques, je les ai beaucoup potassés, et j'ai aussi appris que malgré bientôt trente ans d'expérience dans le bois sous toutes ses formes et bien j'en ai encore à apprendre. Alors je creuse, parfois pour rien, mais tant pis, ça fait les bras.

Nicoel Le buis est un bois très capricieux au séchage, cirer les extrémités ne suffit pas forcément à empêcher qu'il ne fende, même quand toutes les conditions semblent réunies, un lot peut fendre et pas celui d'à côté ..
Une fois sec, si vous voulez en tirer une pièce longue et fine au tournage (genre une baguette de batterie), bah c'est pas gagné, elle sortira droite du tour, mais une semaine après pourra être devenue une banane. Ce n'est pas du hêtre!! J'imagine que cela est lié aux tensions internes qui se relâchent après avoir enlevé de la matière et du fait que les fibres sont parmi les plus serrées des bois européens.
Pour le séchage vertical, j'aurais envie de poser la question autrement, pourquoi fait on sécher du bois horizontalement qui n'est pas sa position naturelle ? Bon c'est pour le bon mot que je dis ça hein! Sûrement parce qu'il y a moins de chance qu'il se casse la gueule que debout !!
Garder l'écorce et les feuilles est très important pour le séchage du buis, c'est par là que la sève tire à l'extérieur. Et puis pour ce bois, la fameuse règle "un cm de séchage par an et par face", soit deux cm sur le diamètre pour un tronc, bah je ne conseille pas de la suivre, multiplier par trois, quatre ou cinq cette durée si on peut est fortement recommandé. Comme si son eau n'avait vraiment pas envie d'en sortir ! En tout cas pas aussi vite que d'un chêne.

Nicoel Et d'autres, chevilles de chevalet, sillets pour résonateur... Et un autre article en cours de dépôt de brevet! Voir photo jointe. On appelle ça un "bottleneck" dans le jargon, très utilisé pour le blues. Ce que je brevette est l'adjonction de cuivre pour l'alourdir et ainsi permettre une tenue des notes plus longue dans le temps, ces bottlenecks en buis ont déjà séduit quelques grands guitaristes, une belle aventure pour moi.
Je fabrique aussi des "tonebars" qui s'utilisent sur des guitares posées à plat, les Weissenborn et les lapsteel notamment.
Si intéressé par mon travail, j'ai un compte Facebook pro "lavoixdesonmetre" et bientôt un site dédié à cette activité, sous le même nom, en construction en ce moment même !

Merci pour cette info, très pertinent ! Un sol sablonneux ou limoneux pourrait être aussi riche en silice et de ce fait modifier la composition de son bois. Il pousse beaucoup chez moi en Auvergne, sols granitiques souvent du granit décomposé, qui s'effrite dans la main. Et niveau variations climatiques il est ici soumis à rufe épreuve. Je sais qu'il en pousse en Angleterre. La Hollande n'est pas si haute en latitude que cela, il devrait réussir à y pousser.
Après, il est certain que c'est un pays de faible superficie comparé à la France et l'Espagne, donc les quantités disponibles (encore une fois si cette variété existe) sont à mettre en corrélation avec ça... Il ne suffisait peut être même pas à couvrir les besoins des hollandais, donc peu de mentions dans la littérature locale, même ancienne.
Bon je ne fais que supposer, j'écris en pensant , j'essaie juste de ne pas me convaincre trop vite de l'impossibilité que cette variété existe ! Merci pour votre pierre ajoutée à l'édifice
.
Pour le monstre du loch ness, par contre, j'ai abandonné mes recherches !!!

J'ai grimpé le pic de Bugarach dans l'Aude pour bivouaquer en haut il y a des années, on y accède en traversant la plus belle forêt de buis que je n'ai jamais vue, des hectares de fûts droits comme des i, de 10 à 15 cm à la base et 5 ou 6 mètres de haut. On n'est pas loin de l'Espagne et de la qualité du buis mentionné par Bergeron!
Les buis de fond de vallon par chez moi sont bien plus tortueux. Il est certain que le climat joue sur sa croissance.

Nicoel c'est pas faux! J'ai répondu à ton autre question par une réponse par contre, elle doit trainer au milieu des autres! J'ai dû oublier de te taguer, pas habitué aux forums !!

Nicoel Y'a encore plein de mystères autour des pionniers du jeu en "slide". Les premiers bluesmen étaient pauvres comme job, ils utilisaient ce qu'ils avaient sous la main, des goulot de bouteilles cassés (d'où le nom bottleneck comme tu le dis justement), des flacons en verre de pharmacie, la fiole de whisky vide, le dos de la lame du couteau, une cuillère pliée autour du doigt, un manche de couteau en corne, un bout de tube de ferraille... C'est seulement plus tard sur cet objet s'est fabriqué spécifiquement pour l'usage, en verre, en acier, en laiton, puis en céramique, un ami toulousain en fabrique même en marbre. Le bois c'est un truc qui rebute les joueurs de slide au début, car il étouffe le son plus vite que ses concurrents (du peuplier, s'était catastrophique, tant niveau sonore que usure, mais des bois très denses comme le buis, c'est beaucoup mieux). Cela dit, le bois apporte une autre couleur sonore, plus feutrée, plus ronde, il gomme aussi plus facilement les bruits de frottement parasites et dz légèreté le rend très confortable à l'usage. Il a donc l'inconvénient de la perte de sustain (tenue de la note dans le temps) mais aussi ses avantages !
L'ajout de cuivre me permet de les faire aussi lourds que du verre épais ou de la céramique et de récupérer ainsi beaucoup de sustain, tout en gardant la chaleur et la rondeur sonore du bois. Je pense être le premier à commercialiser des bottlenecks en buis (un grand fabricant de guitares, Taylor, en fabrique en ébène mais ils sont beaucoup trop fins et finalement moins efficaces que les miens que je fais plus épais). Plusieurs centaines de guitaristes heureux du produit ! Et pour séduire les autres, ceux qui ont besoin de sustain je pense avoir trouvé la solution avec le cuivre ajouté!
J'en fabrique aussi en os d'autruche (issu d'élevage pas de safari), qui sonnent merveilleusement bien.
Pour revenir à la question "comment tout ça a commencé" j'aime m'imaginer que le premier à avoir "slidé' sur une corde a dû le faire par erreur en frottant sa grosse alliance dessus !
Encore plein de mystères autour du "bottleneck", les premiers enregistrements ont maintenant plus de cent ans.
Merci pour tes compliments .

Nicoel Et finalement en slide, l'abrasion est vraiment minime, la pression sur les cordes est très légère, une caresse, pas un écrasement car la corde ne doit pas toucher les frettes du manche. Les cordes dans le cas du buis, plus que de le limer, ont plutôt tendance à le polir continuellement.

dneis Je risque de manquer de patience ! Oui le cormier, je l'utilise aussi. Le chêne vert également. Pas essayé le cornouiller... Cela dit, de tous ceux que j'ai pu tester, niveau qualités sonores que je recherche, le buis est définitivement le meilleur parmi les bois européens. Je cherche des morceaux de cytise, ça peut être sympa aussi.
Ouaip pour le bois qui voyage et repart de Hollande, c'est une possibilité, mais ce qui m'interroge c'est cette variété de pépinière "Dutch boxwood", je doute qu'elle vienne de l'autre bout du continent. Après c'est peut être simplement une appellation commerciale...
Merci, oui vendu en ornemental, mais j'ai trouvé mention d'objets sculptés au 17eme en Dutch box, c'est donc bien une variété à part entière. Le buis c'est en moyenne 100 ans pour un tronc de dix cm... Ça explique la difficulté de trouver de grosses sections, dont le séchage est en plus très délicat et long... Il faudrait que je m'adresse à un forum de boiseux hollandais peut-être. Ne pas condamner trop vite un buis victime de la pyrale, de nombreux spécimens qui n'ont pas été coupés se sont vus renaître deux ou trois ans après. Un arbre visiblement très résilient.