
Au début, j'ai utilisé le diamant, C
Comme trente six seb, au départ j'ai commencé avec le guide Véritas et trois pierres DMT diamantées (extra-coarse, coarse et fine; respectivement noire, bleue et rouge). Avec le guide c'est facile, l'angle est parfaitement maintenu.
Les pierres diamantées fonctionnent bien. La pierre noire extra-coarse commence à être usée: des grains se sont détachés au centre, dans la zone la plus sollicitée. Il faut dire qu'elle a vu passer un paquet de ciseaux et lames de rabot en mauvais état.
C'est pourquoi je reste dubitatif quand à l'intérêt d'acheter des pierres diamantées de qualité médiocre. A mon avis cela en doit pas tenir bien longtemps. du coup, le rapport qualité/prix en pâtit.
Puis l'alumine ou Al2O3
Suite à la découverte de cette vidéo, j'essaie maintenant de me passer du guide d'affûtage, c'est plus rapide à mettre en place. Et comme faire ça dans la cuisine à côté de l'évier pour avoir de l'eau, ça ne facilite pas l'affûtage fréquent, je me mets aux pierres à huile (Norton India). Ça marche très bien et on peut faire ça sur l'établi rapidement.
Peut être qu'une vaporisation d'eau sur les pierres diamant suffirait... possible dans l'atelier. Maintenant je garde mes pierres diamantées pour le côté planche des fers de rabot ou des ciseaux, car la planéité en est parfaite et garantie.
Tu peux commencer avec une pierre à huile à deux faces coarse/fine. C'est économique et efficace.
J'utilise aussi un cuir (de canapé) pour la finition.
Quelques conseils
- Peu importe l'abrasif, l'important est de passer à des grains de plus en plus fin;
- sentir la formation du morfil, avec la pulpe du doigt;
- se raser l'avant bras avec l'outil affûter montre que l'outil est bien affûté, mais c'est moins informatif que d'évaluer le "mordant" du fil de l'outil sur l'ongle du pouce (quand ça accroche c'est que c'est pas mal). Et cela permet d'évaluer ce mordant sur toute la largeur du fil;
- observer, avec une loupe à fort grossissement, le fil aux différentes étapes permet de mieux voir et comprendre ce qui se passe.
Concernant les meules, je suis loin d'être un expert. Toutefois, je suis en train de rassembler de la documentation sur le sujet. J'en ai encore sous la main, je vais mettre à jour prochainement ceci:
Sur des aciers modernes plus durs que les aciers anciens, je trouve que la meule ne mord pas bien... A creuser!
Enfin, j'essaie de rassembler de la documentation sur les outils à main.
Si tu t'intéresses aux marques et qualités des outils:
Et puis, après les ciseaux, il faut des rabots

Alors j'hésite entre plusieurs possibilités après avoir feuilleté mes deux catalogues Goldenberg
Note: les pages en noir et blanc sont de 1927, avec la couleur de 1934.
Supposons que l'affûtage est correct. Anecdote: j'ai une fois récupéré un ciseau à bois affûté côté fer et non mise rapportée, il ne devait pas tellement couper...
Ébauchoir de charpentier
Affûté comme un fermoir, c'est à dire un biseau de chaque côté (et la couche d'acier est au centre s'il y en a une). Mais là je doute, la mention "AF" pour acier fondu laisse penser que l'outil est intégralement en acier.
J'en profite pour mettre des ciseaux à tête et des gouges à tête, et les fermoirs, qui sont proches.
Ciseau à froid
L'outil ressemble aussi beaucoup aux ciseaux à froid présentés dans les catalogues Goldenberg.
D'autant plus que même si le tableau présente un outil à l'oeil ou aux deux yeux, la gravure présente un outil au cygne... Bon, la mention "AF" n'est pas dessinée...
Comment trancher ?
Peut être que la largeur du tranchant permettrait de discriminer, toutefois vraiment sans certitude:
- ébauchoir: 28mm, 30mm, 32mm;
- ciseau à froid (1927): 15, 18, 20,22, 25, 28, 30, 35mm;
- ciseau à froid (1934): 8, 10, 12, 15, 20, 25mm, avec une longueur de 16cm à 25cm.
Quoi qu'il en soit, essaie de l'affûter comme un ébauchoir et si ça tient c'est tant mieux ?

Cette mode de l'époxy pour boucher les trous me gonfle un peu.
Arrêtez d'utiliser des produits dégoûtants juste pour boucher des trous.
Utilisez donc de la cire à reboucher, c'est fait pour ça et depuis le temps que ça existe ça marche très bien. Il existe tout un tas de coloris et ça prend 2min pour reboucher un trou.

Comme promis, un petit tour par mes catalogues anciens
Goldenberg
Voici ce que j'ai trouvé dans le catalogue Goldenberg de 1934 (c'est quasiment la même chose dans le catalogue Goldenberg de 1927, donc je ne vais pas surcharger avec ce dernier)
Tout d'abord, les premières pages de la section "limes et râpes" du catalogues sont intéressantes, on y trouve notamment:
- quelques "recommandations pour l’emploi des limes";
- les marques (à l'oeil, au griffon, à l'ours) et qualités.
Voici maintenant les pages consacrées aux limes et râpes, et plus particulièrement les limes tiers-points (à une taille) pour l'affûtage des scies et les râpes de bottiers et de maréchaux, correspondant aux outils de ton grand père que tu as photographiés.
Les râpes de bottiers et râpes pour maréchaux se ressemblent beaucoup, la différence que je vois concerne la longueur des outils:
- 15cm à 25 cm pour les râpes pour bottiers;
- 25cm à 40cm pour les râpes pour maréchaux.
Peugeot Frères
Un petit tour par le catalogue Peugeot Frères de 1904 montre aussi la fabrication de limes et râpes. Voici toutes les pages qui y sont consacrées:
Pour finir, je ne résiste pas à mettre les pages du catalogue de 1981
et des pages d'un fascicule Peugeot (des années 50 ??) dans lesquelles on retrouves les râpes pour maréchaux et bottiers.

Je pencherais aussi pour du frêne.
Le fait que les rayons ligneux soient bien visibles est dû au fait que le bois a été fendu et non scié, du coup le plan de fente est confondu avec le plan des rayons ligneux.
A toi de vérifier que c'est bien du frêne et pas de l'érable (autres liens) avec les liens que je propose.
Tu peux aussi comparer avec mes photos de manche de ciseau, que je confectionne en frêne.

C'est courant d'occasion.
Et pas très cher.
leboncoin.fr/r...arch_in=subject
Et avec un peu de chance, tu auras le valet qui va avec
Pourquoi acheter du neuf alors qu'il y a un paquet de vis existantes qui n'attendent que de rejoindre un établi ?

Ce modèle de chignole Val d'Or a été produit durant de nombreuses années.
Il apparaît dans le catalogue Val d'Or de 1930.
Avant, je ne saurais dire, mais j'ai l'impression que les modèles de chignoles Val d'Or sont légèrement différents.
Dans les années 50, on retrouve une chignole identique chez Peugeot. Seul le carter est marqué Peugeot et non plus Val d'Or. Les deux marques cohabitent toutefois visiblement (voir catalogue Val d'Or 1956 ci dessous).
On le retrouve toujours, à l'identique, dans le catalogue Peugeot de 1981.
Les évolutions de cette chignole sont vraiment minimes, j'ai l'impression que les seules différences se situent au niveau de la butée à billes près du mandrin.
Sans toutefois de preuves pour appuyer ce que je dis, je dirais que les modèles Val d'Or peints en noir sont antérieurs à ceux peints en bleu.
Un bon nettoyage de l'ancienne graisse, suivi d'un graissage des pignons et huilage des paliers d'arbre et butée à bille, tu verras ça va tourner tout seul. .La différence après lubrification est notable et va te permettra d'augmenter le rendement.
Je m'en sers aussi de visseuse, c'est très efficace.

Dans les sites internet de référence, je citerais aussi (en plus de la base de données TROPIX du CIRAD):
- wood-database.com/
- hobbithouseinc...pics/index2.htm, avec la liste des essences ici par example, beaucoup de photos permettant l'identification;
- tropicaltimber.info/
Après, reste à savoir si tu veux plutôt des essences locales ou tropicales...

Pour la solution alternative à de l'outillage électrique:
Tu peux te fabriquer ta propre boîte à onglets:
- tu fais la boîte (trois planches vissées);
- tu traces soigneusement ta découpe qui constituera le guide;
- tu découpes soigneusement (avec la scie à dos ou égoïne qui servira par la suite);
- et c'est parti pour tes découpes d'onglet
Si tu veux un truc vraiment propre, tu te fais un montage genre boîte à recaller, pour finir au rabot proprement.
Et voilà !

D'après le catalogue Norton (chercher celui intitulé "Norton Sharpening Products and Dressing Sticks - 200"), au chapitre Abrasive Features and Applications on trouve le paragraphe suivant :
"
Man-made/Synthetic Stones are manufactured with abrasives graded to a consistent particle size, blended with selected bonding agents, molded to shape, and finished to exacting surface configurations.
- Crystolon® stones, manufactured with silicon carbide abrasives, are the best choice for quick sharpening where the speed in producing the edge is more important than the fineness of the cutting edge. Gray in color. Available in coarse, medium and fine grits.
- India® stones, manufactured with aluminum oxide abrasive, are preferred for imparting durable, smooth-cutting edges and for close tolerances. Orange/brown in color. Available in coarse, medium and fine grits.
"
Bon, pour les autres marques, je ne sais pas si la couleur est toujours un indicateur fiable du type d'abrasif. En tout cas, les pierres Crystolon et India sont des pierres à huile et la tienne ressemble fort à ça.
Coarse/fine combination stone Norton chez Dictum...

Voici quelques schémas illustrant les déformations liées au séchage en fonction de la position de la pièce de bois dans l'arbre.
L'équilibre hygroscopique du bois est un paramètre important aussi.
Enfin, concernant les renforts sous le plateau, si tu veux vraiment éviter le tuilage du plateau, il te faut des renforts résistants à la flexion (tube carré, cornière, profilé): ce n'est pas un plat de 5mm qui va empêcher grand chose.
Mais la fixation d'un tel renfort pose toujours le même souci: la largeur de ton plateau est amenée à varier en fonction de l'équilibre hygroscopique (à cause des taux de retrait radial et tangentiel). Or la distance entre tes trous dans le profilé est constante. Il faut donc prévoir la plage de variation maxi de ta distance entre les points de fixation et faire des trous oblongs pour supporter ces déformations.
Comme quoi, un "simple" plateau massif n'est jamais si simple que cela !

Roubo, dans l'art du menuisier, aborde les planchers au tout début de son second tome.
Cherche dans le texte ce qui se rapport aux planches 52, 53, 54 et 55 !
Il y a toujours des choses intéressantes dans le Roubo

A toi d'explorer j'ai envie de dire !
Pour le tournage, les essences dures c'est quand même le top pour les petites pièces : buis, houx. Les fruitiers sont aussi agréables avec leur grain fin (abricotier, pêcher, cerisier, poirier, etc.).
Je pense que la réponse dépend aussi de ce que tu veux tourner : petites pièces ou grandes pièces ? Bols ? Stylos ? ...
Au delà de l'essence, les motifs et particularités de ton bout de bois vont dépendre des accidents et autres défauts (noeuds, fourches,...). Encore une fois, à toi d'explorer le matériau, de récupérer des buches/tronçons à l'occasion.

Salut trente six seb
Cette question est l'occasion de faire un petit tour dans ma collection de catalogues d'outils !
En résumé, dans les catalogues d'outilleurs français, on trouve:
- les scies à dos à poignée droite, dites scies d'ébéniste (le manche peut être coudé pour des raisons d'accessibilité);
- les scies à dos à poignée égoïne, dites scies de menuisier.
Pour ce qui est de l'usage, je dirais taille des assemblages en général. Bref, tu prends bien la scie qui te plaît pour faire ce que tu veux .
Les anglo-saxons ont -j'ai l'impression- bien plus de scies égoïnes et de scies à dos que nous, qui avons beaucoup utilisé les scies montées.
Exemple avec ce catalogue Disston de 1929, cet autre catalogue Disston plus récent.
Disston: how to choose and use back saws, 1942.
Et chez Atkins 1914, on trouve aussi quelques scies à dos.
On trouve de ces anciens catalogues de fabricants de scies (Disston, Atkins, Spear & Jackson...) à la pelle sur
archive.org/
Un petit lien sur le choix des scies anciennes :
woodandshop.co...guide-handsaws/