Bonsoir,
pour détuiler, il me semble que nous avons un expert sur l'air du bois...
Difficile de répondre à ton problème comme ça, cela dit, tu as déjà expérimenté le caractère vivant du bois, c'est une expérience formatrice.
Si ton panneau est devenu convexe, tu en déduiras qu'une face c'est allongée, et c'est peut-être la conséquence logique d'une prise d'humidité importante non maîtrisée.
Que peux-tu imaginer pour lui faire prendre le chemin inverse ?
Je te laisse y réfléchir plutôt qu'apporter des réponses toutes faites, je te fais confiance pour continuer à expérimenter et trouver...
Bon week-end.
Jean
Bonjour,
avant de disposer d'une presse à placage sous vide, j'utilisais fréquemment la méthode des cales cintrées, qui permettent de serrer au milieu de la pièce à plaquer même si l'on ne dispose pas de serre-joints à longue portée. Voir croquis.
Pour chauffer le placage, deux cales en zinc, passées au four si la dimension le permet, ou à côté du feu dans la cheminée...
Les ébénistes du XVII au début du XXe disposaient d'une sorbonne pour cela.
Un copain restaurateur a mis au point, dans les années 90, un système électrique, avec transfo et grillage ultra-fin faisant résistance, permettant de réchauffer le collage des marqueteries anciennes pour les replaquer, mais je ne suis pas sûr que cela soit adapté à ton besoin.
Sinon, renseigne toi au sujet des presses à vide, même sans chauffer, c'est très performant.
Et meilleurs voeux pour toutes tes réalisations...
Jean
Bonsoir,
le traité d'ébénisterie, de Lucien Chanson, aux éditions Vial, est très bien, pour l'ébénisterie of course.
Il existe peut-être des ouvrages plus récents.
Dessin de construction du meuble, de Hosch et Henaut est précieux, ainsi que le précis d'ameublement, édité par l'AFNOR.
Bonnes lectures.
Jean
Bonsoir,
avant de donner un quelconque avis sur ce qu'il convient de faire, j'aimerais comprendre ce qui a bien pu se passer pour que ton plateau de table tuile autant.
Est-ce dû à une perte ou à une reprise d'humidité ?
Quelles ont été les variations d'humidité en intérieur dans ta région ?
Pour info, dans mon atelier chauffé à 17° sur l'île de Ré, si je ne branche pas mon déshumidificateur, le taux d'humidité ambiant oscille entre 68% (mi novembre) et 40% (aujourd'hui, après une semaine de froid sec avec fort vent d'est)
Ton bois était à 8% d'humidité, de quelle manière as-tu déterminé ce taux ?
Comment sont répartis les différents débits (quartier, faux quartier, fausse dosse et dosse) entre le parement et le contre parement ?
Si tu as davantage de coeur côté parement, avec du bois sur dosse à faux quartier, alors une perte d'humidité génère un tuilage comme on le constate sur les photos. Si c'est l'inverse, alors le tuilage résulte d'une reprise d'humidité, en dépit de la finition. Tes photos ne permettent pas d'identifier débit et répartition.
En matière de finition, seule l'époxy en deux couches permet d'obtenir une étanchéité à l'eau de +/- 97%, toutes les autres finitions n'offrent que des barrières partielles plus ou moins efficaces.
Ce que tu envisages de faire peut se tenter; pour ma part, quand je réalise une table conséquente en bois massif, (4m80 x 1m60 x 50mm d'épaisseur, table de conférence pour un cabinet d'avocats parisien par exemple) je ne mets rien au-delà du faux quartier, (seule exception, le noyer sec séchoir, reclimatisé/stabilisé quelques mois à l'atelier).
Je n'ai jamais eu de retour.
Quand mes clients veulent un bois sur dosse, alors c'est placage contrebalancé sur âme en latté ou Médium sinon rien...
Je te souhaite de pouvoir identifier l'origine du problème, et de le résoudre sans y passer trop de temps.
Bon bout d'An.
Jean
Alors ça oui ! J'adore cuisiner, mais comment dire ? Ma compagne me préfère à l'atelier, prétextant que je prends trop de place en cuisine...
Je dois bien avouer qu'elle cuisine redoutablement bien et que c'est tellement agréable, après de nombreuses années à gérer production ( si si, j'ai eu une longue séquence de maraîchage et petit élevage ) et transformation/cuisine, que de pouvoir être au chaud à l'atelier sans avoir à s'inquiéter pour sa pitance...
Elle m'accorde tout de même accès à son domaine, pour quelques créations de mon cru (cuit serait plus approprié...)
Confitures en quantités semi-industrielles ( une quarantaine de kilos de sucre par an tout de même !), jambon de sanglier (promis, je ne chasse pas !) tourte aux herbes des marais, et mon inamovible oeuf au plat à la fourme d'Ambert...
À l'échelle des temps géologiques, laisser un oeuvre me laisse indifférent, voire dubitatif - vanitas vanitatis comme on dit vulgairement - et seul compte à mes yeux l'instant présent, fugace et si doux...
Bon appétit, et joyeuses fêtes.
Jean
Bonjour arthursw ,
Magnifique, as-tu commencé la commercialisation ?
Est-ce qu'une saturation à l'huile de lin chaude (ou autre huile siccative) pourrait être envisageable ? Concrètement laisser les différentes pièces dans de l'huile chaude pendant quelques minutes afin qu'elle pénètre un peu plus profondément que dans les seules cellules de surface.
Sinon, j'essaierai également la paraffine chaude, au trempé, ou au frotté. C'est ainsi que je finis/polis les touches de violon et violoncelle, et ça tient bien à la transpiration, même si ça finit par s'user (et le bois avec) au contact des cordes).
Avec la paraffine, le bois devrait garder sa couleur, contrairement à l'huile de lin.
Personnellement j'aime beaucoup le rendu oxydé "vécu" des finitions à l'huile de lin. Les anciens allaient jusqu'à la faire infuser avec de l'orcanette pour "réchauffer" les bois.
Voilà, à suivre.
Jean
Bonjour,
en observant la maille que l'on aperçoit sur la face fendue, cela me fait penser à de l'érable champêtre. L'écorce pourrait correspondre également ne correspond pas, merci glaude. Plantnet me propose séquoia en 1 et if en 2 !
Soyons clairs, ni séquoia ni if pour moi...
Voici la photo d'un morceau d'érable champêtre, provenant du sud-Vendée ou des Deux-Sèvres voisines. Attention, éclairage artificiel.
Tu pourras comparer avec la bûche que tu présentes après un bon coup de rabot...
Bonne journée.
Jean
Bonjour,
pour du mélaminé, le plus simple à mes yeux reste le biscuit type lamello.
L'aggloméré ne résiste pas bien aux vis, et le tourillonnage est difficile à réaliser avec précision.
Les sangles lamello sont top pour assembler les caissons avec rapidité et facilité.
Maintenant, amoureuse du bois, pourquoi choisis tu de lui faire des infidélités au profit d'une matière industrielle ?
Vu comme ça, pourquoi ne pas construire des fustes en poutres polyuréthane ?
Il existe plein de solutions permettant de réaliser des caissons de meubles avec du vrai bois d'arbre, et sinon, beaucoup de caissons sont disponibles en récupération.
Et une lamello s'utilise aussi avec du bois massif.
Bonne soirée.
Jean
Bonjour,
cette table est conçue et produite par l'entreprise Boulon Blanc, quelque part en France.
Le modèle est très probablement déposé.
Si tu veux la copier, deux solutions possibles : à la chinoise, tu l'achètes, tu la démontes, l'analyses et tu la reproduis, en moins cher/qualitatif (plus toujours actuellement)
À la loyale : tu réfléchis, la redessines à ta sauce et réalises ta propre version en mode amélioré...
Bon projet.
Jean
Salut,
La prise d'air doit être actionnée par le bitonio visible sur la photo, fermé dans ton cas, ouvert dans le mien.
Attention, ne jamais verser de copeaux/sciure/poussière sur une flamme ouverte, risque d'explosion. Je parle d'expérience.
Quand tu charges ton poêle avec des copeaux, avant l'allumage donc, garde une circulation d'air à côté du tube d'admission, pour assurer un bon tirage à l'intérieur.
Un mauvais tirage et une combustion sous les copeaux produit des gaz qui peuvent exploser.
En dehors de ces précautions, c'est effectivement très agréable de pouvoir se chauffer avec copeaux, sciure et chutes de bois...
Bonne soirée.
Jean
Bonsoir
Les tiges filetées, c'est une bonne idée, il faudra juste prévoir un serrage à intervalles réguliers dans les premiers temps, non ?
Si ton bois perd 4% d'humidité par exemple, on devrait tourner autour du centimètre de retrait, pour du M16 ça nous fait 5 tours d'écrou...
J'ai eu à refaire des plateaux circulaires pour un restaurant chic parisien, le design des piètements était trop souple, avec un effet catapulte du pire effet... Le ferronnier avait du rectifier ce problème.
Vérifie si ça n'est pas un risque dans ton cas.
Bon chantier.
Jean
Bonjour Olivier80 ,
je te souhaite un bon rétablissement, et que tu puisses retrouver le chemin de ton atelier, et le plaisir des copeaux, à l'issue de ta convalescence.
Tu nous interroge sur le caractère inévitable de l'accident, en mettant l'accent sur le fait qu'il serait plus l'apanage des personnes travaillant seules.
Et si on s'interrogeait sur le caractère évitable ?
Pour ma part, j'ai toujours toutes mes phalanges malgré de nombreux petits accidents, dégauchisseuse, circulaire, toupie... qui se sont très majoritairement produits dans des contextes d'entreprises...
Ce que j'en retiens, c'est que l'urgence, la fatigue, les préoccupations externes et l'inattention sont les causes initiales, et qu'il est salutaire de s'écouter pour lever le pied au bon moment.
Facile à dire et difficile à faire pour nous, les hommes, plus habitués à la maîtrise - au verrouillage même- de nos émotions : concrètement, j'essaie de laisser plus de place à mes sensations corporelles, d'être à l'écoute de ce qu'elles m'indiquent sans chercher à contrôler par le mental. Cela me permet de suspendre mon activité le temps nécessaire à une nouvelle approche.
J'ai l'immense chance de travailler pour mon plaisir, c'est clair que ça aide, mais je reste convaincu que c'est accessible à tout un chacun, suivant ce que l'on choisit de prioriser.
Ton chirurgien t'a servi une belle lapalissade, du genre de "10 minutes avant sa mort il vivait encore", tu peux peut-être lui suggérer de pondre un article sur le sujet dans Philosophie magazine...
Et pour finir sur une note plus gaie, connais-tu la différence entre Dieu et un chirurgien ?
...
Dieu ne se prend pas pour un chirurgien !
Tout de bon.
Jean
Bonjour,
ma réponse ne sera pas "tendance", avec deux citations en matière de préambule (cette matière ne se rabote pas!)
"Fortuna audes juvat " aka la chance sourit aux audacieux.
"Les leçons des échecs sont des plus profitables ".
Ceci dit, oui, ce meuble est à la portée de quelqu'un de calme, méthodique et réfléchi, avec quelques points d'attention tout de même :
Ton bois doit être très bien séché pour envisager des liaisons fil/travers. (En fait fil/travers x √2, tout mouvement sera accentué dans la diagonale).
Si je me fie à ton croquis coté, nul besoin de traverse longitudinale, la stabilité sera assurée par les deux montants intermédiaires et surtout par les pieds.
Soigne le calibrage de toutes tes pièces : je calibrerais dessus et dessous en une fois, au calbreur toupie, ou plutôt à la scie a format en les raccordant par des vis temporaires positionnées de manière à ce que les trous n'apparaissent pas une fois le meuble monté. Si tu as accès à une scie de compétition, ça n'est peut-être pas nécessaire.
Une alternative qui permettrait le mouvement des plateaux serait de ne faire que deux montants par côté, sans traverses, avec un panneau plus fin logé dans des rainures profondes permettant le jeu.
Des lamellos sont une bonne option pour l'assemblage, la difficulté sera de bien serrer les angles arrières. Des cales collée temporaire peuvent être pratiques (voir croquis)
Je m'arrête là pour le moment, mais n'hésite pas si tu as d'autres questions...
Bons copeaux.
Jean
Bonjour,
les bois collés vendus pour la charpente sont systématiquement collés coeurs à l'extérieur.
Susceptibles de perdre de l'humidité, cela évite que les joints ne s'ouvrent.
Dans le cas présent, je choisirais la même option, ce qui limiterait le mouvement (je parle au conditionnel, des exceptions sont toujours possibles) en cas de perte, et/ou de reprise d'humidité, temporaire liée au collage ou autre...
Bons collages.
Jean